Et voila ... Après les jolies montagnes russes de
l'Est, j'ai slalomé à travers des paysages sans grand intérêt du
coté de Cincinnati, Louis-ville, Indianapolis, St-Louis et cela,
jusqu'à une ville nommée St-Joseph, juste au dessus de
Kansas-City.
J'ai pris durant cette période
beaucoup de plaisir à " vivre " ces journées au quotidien dont la
routine m'a été, une fois n'est pas coutume, fort agréable même si,
pour ne rien vous cacher, je suis resté un peu sur ma faim d'un
point de vue purement touristique.
La journée type du Cyclo-Nomade ressemble à
peu près à ça :
Levé à 6h30. Un peu de lait, des
Mueslis, des fruits et hop, je plie le campement pour enfourcher
mon velo.
Suivant le relief, le climat ou
l'état de forme de mon genou, je parcours entre 90 et 120 Km tous
les jours, entrecoupés de quelques pauses photos, avant de
rechercher peu avant le coucher du soleil un endroit pour établir
un nouveau campement. Les Campings n'étant pas légion à cet
endroit des States , j'ai souvent eu recours au camping sauvage et,
la fatigue aidant, à de confortables motels au fur et à mesure que
j'avançais dans mon aventure.
Il faut dire que la force actuelle
de l'euro rend les Motels americains très accessibles ... bon,
c'est peut-être une excuse, mais je n'ai rien trouvé d'autre pour
justifier cet abus condamnable de confort !!!!
A partir de St-Joseph, les agglomérations et les
gros noeuds routiers qui vont avec disparaissent pour laisser la
place à des paysages parfois lunaires que traversent
d'interminables lignes droites pouvant s'étaler sur plusieurs
centaines de Km. Des champs de maïs à perte de vue, des
pick-ups, quelques fermes isolées et bien souvent ... RIEN, si ce
n'est un sentiment un peu oppressant de solitude.
A cet endroit-là du pays, on trouve
un point de ravitaillement tous les 50 Km, un hébergement à peu
près convenable tous les 100/120 Kms. Les journées sont longues,
très longues d'autant plus qu'à l'époque ou j'ai effectué cette
traversée, les températures étaient très souvent négatives tout au
long de la journée surtout à l'approche des montagnes
rocheuses.
Les nerfs du voyageur à vélo sont
alors mis à rude épreuve, mais n'est-ce-pas quelque part le genre
d'émotion tant recherchée dans une aventure pareille ...
Bon, en
clair, c'était QUE-DU-BONHEUR ton aventure !
Mmhh ... Je dois t'avouer que j'ai
été très surpris par cette première partie.
Tout d'abord, les Etats-Unis sont très vallonnés,
le relief y est très exigeant et le décor, contrairement à une idée
fort répandue, ressemble à tout sauf à un immense désert plat! Les
52000 mètres de dénivelés positifs de mon altimètre en
attestent!
Ensuite, j'ai bien souvent eu du mal à
croire que je voyageais à travers le pays le plus riche de la
planète.
Des bidonvilles à l'approche des
grosses villes sous forme de Mobil-homes aux Ranchs abandonnés en
passant par des villages fantômes mais aussi l'état surprenant des
routes, le coté complètement archaïque du matériel électrique, ou
le mode de construction des habitations, faites de bois et de tôles
ondulés ... beaucoup d'exemples qui m'ont laissé dubitatif pendant
plusieurs semaines sur la prétendue richesse des enfants de l'Oncle
Sam !
La nourriture ? Ne parlons pas d'un
sujet qui fâche .... J'affirme sans sourciller que les ricains sont
dépourvus de papilles gustatives!
Bon, c'est bien
ce que je te disais avant de partir ... Tu t'es fais chier
!!!
Voyons Petit Démon, l'essence même du
voyage, c'est la découverte. Voyager, c'est bousculer les idées
reçues et vivre sa propre expérience. Cette première partie m'a
permis de découvrir l'Amérique profonde, la vrai, l'authentique,
celle qui ne figure dans aucun guide de voyage. C'est sur la
route et loin des circuits touristiques que l'on vit des moments
semblables ...
Et puis, si tu fais partie comme moi de
ceux qui attendent tout le repas l'arrivée du dessert, tu dois
savoir que pendant ces 3500 premiers Kms, je n'ai jamais perdu de
vue que le meilleur était pour la fin. Passé les Rocky Mountains,
les Parcs Nationaux de l'Ouest Américains me tendaient les bras ...
et tout ce que j'y ai vu, vécu, ressentie méritait très largement
tous ces efforts!

Et comme moi sur mon vélo, il va
falloir que tu attendes la fin de ce blog pour en profiter ... et
te taper avant, toutes ces lignes indigestes !